Basil détective privé

Grand Classique n° 31

Basil détective privé

1986 · 1 h 14

Réalisation
Ron Clements, John Musker, Burny Mattinson, Dave Michener
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Après le désastre de Taram et le Chaudron magique, la consigne était simple : un film pas cher, rapide, et qui ne fasse pleurer personne dans la salle. Le budget a été réduit de moitié, le calendrier serré au maximum, et une équipe réduite s’est mise au travail.

Le résultat a suffisamment rassuré la direction pour qu’elle accepte de financer La petite sirène. Autant dire que tout ce qui a suivi passe par ce petit film de souris.

L’histoire

Londres, 1897, sous le plancher. Le monde des souris reproduit celui des hommes, avec ses rues, ses tavernes et ses détectives consultants.

Le soir de son anniversaire, la petite Olivia voit son père, fabricant de jouets, enlevé par une chauve-souris à la jambe de bois. Elle part chercher le seul être capable de le retrouver : Basil de Baker Street, esprit brillant, caractère insupportable, installé sous l’appartement d’un certain détective humain dont il imite les méthodes.

Derrière l’enlèvement se cache le professeur Ratigan, rat de génie qui prétend être une très grosse souris et devient franchement désagréable quand on lui fait remarquer le contraire.

Dans les coulisses : Big Ben en images de synthèse

La séquence finale se déroule dans les mécanismes de l’horloge de Big Ben, parmi les engrenages géants. C’est là que le film entre dans l’histoire : les rouages ont été modélisés en trois dimensions par ordinateur, imprimés image par image, puis intégrés à l’animation traditionnelle dessinée par-dessus.

C’était la première fois qu’un studio d’animation traditionnelle utilisait la 3D pour un décor aussi complexe et aussi mobile. La caméra peut tourner à l’intérieur du mécanisme sans que rien ne s’effondre, ce que la peinture sur cellulo n’aurait jamais permis. Toute la technique qui aboutira à la salle de bal de La Belle et la Bête commence ici.

Le film marque aussi les débuts en réalisation de Ron Clements et John Musker, le duo qui signera ensuite La petite sirène, Aladdin, Hercule et La Princesse et la Grenouille.

Ce que seuls les fans savent

  • Vincent Price considérait Ratigan comme son rôle préféré de toute sa carrière, ce qui, pour l’acteur de La Chute de la maison Usher et de dizaines de films d’épouvante, n’est pas rien. Il a demandé à ce que le personnage chante.
  • Sherlock Holmes apparaît dans le film, en ombre chinoise sur un mur, et sa voix est constituée d’extraits d’enregistrements de Basil Rathbone, l’interprète historique du personnage au cinéma, mort en 1967. Le prénom du héros lui rend d’ailleurs hommage.
  • Le film adapte une série de romans d’Eve Titus, Basil of Baker Street, publiée à partir de 1958.
  • Ratigan est un rat qui refuse d’être un rat, et l’ensemble du personnage repose sur ce déni : il perd toute maîtrise dès qu’on le nomme correctement, et le dernier acte le montre littéralement redevenir animal.
  • Le titre américain a été modifié en cours d’exploitation, le studio hésitant entre plusieurs formulations, signe du peu de confiance qu’il accordait au projet.
  • C’est l’un des Disney les plus courts, et l’un des plus efficaces : pas de sous-intrigue, pas de temps mort, une intrigue policière qui tient debout de bout en bout.

Où le voir aujourd’hui

Disponible sur Disney+ et en Blu-ray. Longtemps considéré comme mineur, le film a été largement réévalué depuis, et figure aujourd’hui parmi les préférés des amateurs d’animation, précisément parce qu’il ne cherche à impressionner personne.

Un conseil : regardez la scène de Big Ben en sachant que tout ce qui est mécanique a été calculé par une machine de 1985. La prouesse est invisible, et c’est bien là le meilleur compliment qu’on puisse lui faire.