La Belle et la Bête (2017)
2017 · 2 h 09
- Réalisation
- Bill Condon
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C’est le remake qui a lancé la machine. Après les succès de Maléfique et de Cendrillon, celui-ci a dépassé 1,26 milliard de dollars et convaincu Disney qu’il tenait là un modèle industriel : reprendre son propre catalogue, un titre par an.
Ce que le film change
Plus de choses qu’on ne croit. Le film répond à des questions que l’original de 1991 ne posait pas : pourquoi personne au village ne se souvient-il d’un château voisin ? Qu’est devenue la mère de Belle ? Pourquoi les domestiques sont-ils punis pour une faute qu’ils n’ont pas commise ?
Belle devient inventrice — elle bricole une machine à laver pour dégager du temps de lecture — et Maurice cesse d’être un savant farfelu pour devenir un père endeuillé. Le sortilège, lui, gagne une horloge : chaque pétale qui tombe dégrade un peu plus le château et fait perdre aux objets un peu de leur humanité.
Dans les coulisses
Alan Menken revient vingt-six ans après, et écrit trois nouvelles chansons avec Tim Rice — Howard Ashman, son parolier d’origine, étant mort en 1991. « Evermore », la ballade de la Bête, est celle qui a le mieux résisté.
La distribution est un catalogue du théâtre britannique : Emma Watson, Dan Stevens, Luke Evans, Josh Gad, Ewan McGregor en Lumière, Ian McKellen en Big Ben, Emma Thompson en Madame Samovar — laquelle reprend la chanson-titre créée par Angela Lansbury.
Dan Stevens a joué la Bête en combinaison de capture de mouvement montée sur des échasses, avec un casque à caméras filmant son visage. Il a passé la quasi-totalité du tournage à quarante centimètres au-dessus du sol.
Ce qu’il faut savoir
- Le chant d’Emma Watson a fait débat. L’actrice n’est pas chanteuse, et l’usage audible d’une correction de hauteur sur sa voix a été largement commenté — un reproche récurrent adressé aux remakes musicaux du studio.
- La séquence de « C’est la fête » a coûté une fortune : entièrement en images de synthèse, elle a demandé plus d’un an de travail pour un numéro de six minutes.
- Une déclaration du réalisateur sur le personnage de LeFou, présenté comme le premier personnage ouvertement gay d’un film Disney, a entraîné des déprogrammations dans plusieurs pays. La scène concernée dure environ trois secondes.
- Le film est le premier remake à dépasser le milliard, ouvrant la voie à Aladdin et au Roi Lion deux ans plus tard.
- La robe jaune a fait l’objet d’un travail considérable : plus de deux mille heures de couture, et une teinte choisie pour correspondre exactement à celle du dessin animé.
Où le voir aujourd’hui
Disponible sur Disney+ et en Blu-ray. C’est l’un des remakes les plus défendables : il apporte de vraies réponses là où l’original allait vite, sans jamais prétendre le remplacer.
Cela dit, si vous n’avez que quatre-vingt-quatre minutes devant vous, prenez celui de 1991.