Le Roi Lion (2019)

Le Roi Lion (2019)

2019 · 1 h 58

Réalisation
Jon Favreau
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Commençons par le point qui fâche les puristes : ce film n’est pas un film en prises de vues réelles. C’est un film d’animation. Absolument tout y est calculé par ordinateur — les lions, la savane, le ciel, l’herbe. Selon l’équipe, un seul plan du film proviendrait d’une vraie caméra.

Disney l’a pourtant inscrit en catégorie « live-action » aux Golden Globes, ce qui a provoqué une polémique dans la profession : des animateurs ont fait remarquer qu’on effaçait leur travail par une pirouette marketing.

Ce que le film change

Presque rien, et c’est son principal reproche. Le scénario suit le film de 1994 plan par plan, réplique par réplique, avec quelques minutes ajoutées ici et là. La comparaison est donc frontale et permanente.

Le vrai changement est esthétique : là où l’original stylisait tout — des visages capables de sourire, de pleurer, de froncer les sourcils — le remake vise le documentaire animalier. Un lion réel n’a pas de sourcils mobiles et ne peut pas afficher d’émotion. Le film gagne en crédibilité photographique ce qu’il perd en expressivité, et c’est un échange que beaucoup de spectateurs ont trouvé perdant.

Dans les coulisses

Jon Favreau, qui avait déjà signé Le Livre de la jungle en 2016, pousse ici sa méthode à l’extrême : l’équipe a construit un plateau de réalité virtuelle où les techniciens, casque sur les yeux, se déplaçaient dans la savane numérique avec de vraies caméras, de vrais rails et de vraies grues.

Le film a donc été « tourné » comme un film classique, avec des choix d’objectifs et des mouvements d’appareil imparfaits — un léger flottement, un recadrage à la volée — précisément pour ne pas ressembler à de l’animation.

Côté distribution, un seul acteur revient de 1994 : James Earl Jones, voix originale de Mufasa, qui reprend son rôle vingt-cinq ans plus tard. Beyoncé prête sa voix à Nala et signe un album complet inspiré du film. Hans Zimmer revient également à la partition.

Ce qu’il faut savoir

  • 1,66 milliard de dollars de recettes, ce qui en fait l’un des plus gros succès de l’histoire du cinéma — et de très loin le remake Disney le plus rentable.
  • La critique a été nettement plus froide que le public, le reproche revenant sans cesse : à quoi bon refaire à l’identique un film que tout le monde possède déjà ?
  • Timon et Pumbaa sauvent le film selon la plupart des retours : Billy Eichner et Seth Rogen improvisent largement et sont les seuls à s’écarter du texte de 1994.
  • La séquence de « Je voudrais déjà être roi » perd ses couleurs psychédéliques et ses oiseaux empilés, impossibles à justifier dans un cadre réaliste. C’est l’exemple le plus cité de ce que le parti pris coûte au film.
  • Une préquelle a suivi en 2024, Mufasa : le Roi Lion, réalisée par Barry Jenkins, qui raconte la jeunesse du roi.

Où le voir aujourd’hui

Disponible sur Disney+ et en Blu-ray. À voir pour la prouesse technique, qui reste stupéfiante — et à ne pas montrer en premier à un enfant qui n’a jamais vu l’original de 1994. Commencez par celui-là.