Alice au pays des merveilles (2010)
2010 · 1 h 48
- Réalisation
- Tim Burton
Liens partenaires vers la boutique : le prix reste identique pour vous.
Tout part de là. Avant ce film, Disney n’avait aucune stratégie de reprise de son catalogue animé ; après lui, le studio a compris qu’un titre connu, une vedette et de la 3D pouvaient rapporter un milliard de dollars.
Sorti quelques mois après Avatar, en pleine fièvre du relief, il a été le premier film adapté d’un classique Disney à franchir cette barre. Tout ce qui a suivi — Maléfique, Cendrillon, Le Roi Lion — lui doit son existence.
Ce n’est pas vraiment un remake
C’est une suite. Alice a dix-neuf ans, on la marie contre son gré à un aristocrate mou, et elle retombe dans le terrier lors de sa propre fête de fiançailles.
Elle ne se souvient de rien. Le pays des merveilles, lui, s’en souvient parfaitement, et l’attendait : une prophétie annonce qu’elle doit affronter le Jabberwocky pour renverser la Reine Rouge.
Ce choix résout le problème que le film de 1951 n’avait jamais réglé — l’absence totale d’intrigue chez Lewis Carroll — en plaquant dessus une structure d’heroic fantasy. C’est efficace, et c’est aussi la principale trahison reprochée au film : le non-sens de Carroll devient une quête avec une armure et une épée.
Ce qu’il faut savoir
- Deux Oscars : meilleurs costumes et meilleure direction artistique, pour Colleen Atwood et Robert Stromberg — ce dernier réalisera Maléfique quatre ans plus tard.
- Helena Bonham Carter porte le film en Reine Rouge, tête numériquement agrandie, dans une composition à mi-chemin entre la tyrannie et le caprice d’enfant.
- Le Chapelier prend une place démesurée par rapport au texte de Carroll, et le film lui invente un passé, une famille et une danse — le fameux futterwacken — pour justifier la présence de Johnny Depp au générique.
- Le film a été tourné en 2D puis converti en relief, pratique très critiquée à l’époque, dans la vague qui a suivi Avatar.
- Une suite est sortie en 2016, Alice de l’autre côté du miroir, dont les résultats ont été catastrophiques.
Où le voir aujourd’hui
Disponible sur Disney+ et en Blu-ray. À voir comme un film de Tim Burton plutôt que comme une adaptation de Carroll — et à ne pas confondre avec le classique de 1951, qui reste bien plus fidèle à l’esprit du livre.