Maléfique
2014 · 1 h 37
- Réalisation
- Robert Stromberg
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C’est par ce film que tout a commencé. Avant lui, Disney n’avait produit que des adaptations isolées de son propre catalogue ; après lui, ce sera un titre par an pendant une décennie.
Et le pari était osé : reprendre La Belle au bois dormant, film de 1959 dont la méchante est unanimement considérée comme la plus réussie du studio, pour raconter l’histoire de son point de vue à elle.
Ce que le film change
Tout, à commencer par la nature du personnage. Maléfique n’est plus une force du mal sans mobile : c’est une fée des Landes, protectrice de son peuple, trahie par un homme qu’elle aimait. Le film consacre sa première demi-heure à cette trahison, filmée sans détour comme une mutilation : il lui coupe les ailes pendant son sommeil, pour prouver au roi qu’il l’a tuée.
Cette scène a été lue par beaucoup, et par Angelina Jolie elle-même dans plusieurs entretiens, comme une métaphore de l’agression sexuelle. Elle donne au film une gravité que personne n’attendait d’une production familiale.
Le reste découle logiquement : la malédiction, les seize ans d’attente, et surtout le renversement final sur la nature du baiser d’amour véritable, trouvaille que La Reine des Neiges avait déjà employée quelques mois plus tôt.
Ce qu’il faut savoir
- Angelina Jolie porte le film à elle seule, avec des pommettes prothétiques inspirées du dessin de Marc Davis, et une diction posée qui rend hommage à Eleanor Audley, la voix originale de 1959.
- Sa propre fille, Vivienne, joue Aurore enfant : aucune autre enfant de cet âge n’acceptait d’approcher Jolie en costume complet de Maléfique.
- Le réalisateur venait de la direction artistique : Robert Stromberg avait travaillé sur Avatar et Alice au pays des merveilles. Cela se voit : le film est splendide et sa mise en scène des personnages est nettement plus faible.
- Les trois bonnes fées deviennent ici franchement incompétentes, choix qui a irrité une partie des amateurs du film de 1959.
- 758 millions de dollars de recettes, un résultat qui a convaincu Disney de systématiser la démarche.
- Une suite est sortie en 2019, Maléfique : le pouvoir du mal, avec Michelle Pfeiffer.
Où le voir aujourd’hui
Disponible sur Disney+ et en Blu-ray. Le film est inégal, mais son idée de départ est la plus forte de toute la série des remakes, et c’est le seul qui propose une vraie relecture plutôt qu’une reproduction.
À revoir juste après La Belle au bois dormant pour mesurer l’écart.