Aladdin (2019)

Aladdin (2019)

2019 · 2 h 08

Réalisation
Guy Ritchie
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Reprendre le Génie de Robin Williams était la mission la plus ingrate du cinéma. Les premières images diffusées — un Will Smith bleu et lisse — ont déclenché une vague de moqueries d’une ampleur rare, au point que le studio a dû revoir des séquences entières.

Le film a fait 1,05 milliard de dollars, et Will Smith s’en est nettement mieux tiré que prévu.

Ce que le film change

L’essentiel tient en un personnage : Jasmine. Dans l’original de 1992, elle voulait échapper à un mariage arrangé. Ici, elle veut régner — elle a lu, elle connaît son royaume, et elle considère que la loi qui l’écarte du trône est simplement mauvaise.

Le film lui offre une chanson écrite pour l’occasion, « Speechless », signée Alan Menken avec Benj Pasek et Justin Paul — les paroliers de La La Land. C’est le meilleur ajout du film, et le plus discuté : certains y voient un vrai propos, d’autres un morceau plaqué au milieu du récit.

Le Génie, lui, gagne une intrigue personnelle et une fin différente. Will Smith ne tente jamais d’imiter Robin Williams : il ramène le personnage vers ce qu’il sait faire, le débit hip-hop et la présence physique.

Dans les coulisses

Guy Ritchie était un choix improbable pour une comédie musicale familiale — il venait de Sherlock Holmes et de films de gangsters londoniens. Il apporte au film sa signature : ralentis, accélérations brusques, chorégraphies filmées comme des bagarres.

Le tournage a eu lieu en Jordanie, notamment dans le désert du Wadi Rum, et en studio à Londres, où Agrabah a été construite en décor réel sur plusieurs milliers de mètres carrés.

Le studio a été critiqué pour son casting, plusieurs figurants ayant été maquillés pour paraître d’origine moyen-orientale. Disney a reconnu les faits en les présentant comme un cas limité de raccords.

Ce qu’il faut savoir

  • Mena Massoud, l’interprète d’Aladdin, a raconté n’avoir obtenu presque aucune audition dans les mois suivant la sortie, malgré le milliard de recettes — un témoignage qui a relancé le débat sur la place des acteurs d’origine arabe à Hollywood.
  • « Ce rêve bleu » a été retourné plusieurs fois : la scène du tapis volant, tournée sur fond vert avec une plateforme mobile, s’est révélée un cauchemar de synchronisation entre le chant, le vent artificiel et les mouvements de caméra.
  • Naomi Scott chante elle-même l’intégralité de ses parties, sans correction notable — ce qui n’était pas allé de soi sur La Belle et la Bête deux ans plus tôt.
  • Le film évite soigneusement le numéro de métamorphoses du Génie de 1992, impossible à reproduire sans tomber dans le pastiche.
  • Une suite a été annoncée à plusieurs reprises sans jamais aboutir à ce jour.

Où le voir aujourd’hui

Disponible sur Disney+ et en Blu-ray. Un remake honnête, sauvé par sa Jasmine et par un Will Smith qui a eu l’intelligence de ne pas concourir avec un mort.