Cendrillon (2015)

Cendrillon (2015)

2015 · 1 h 45

Réalisation
Kenneth Branagh
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Après Maléfique, tout le monde attendait une relecture maligne, un twist, un point de vue inversé. Kenneth Branagh a fait exactement le contraire : un conte de fées sincère, filmé au premier degré, sans une once d’ironie.

C’est le remake le mieux reçu de toute la série, et de loin le plus élégant.

Ce que le film change

Peu de choses dans l’intrigue, beaucoup dans les motivations. Le film de 1950 ne disait rien de sa belle-mère ; celui-ci en fait un personnage complet, veuve deux fois, terrifiée par le déclassement, et consciente que sa cruauté est le seul pouvoir qui lui reste. Cate Blanchett la joue sans jamais forcer le trait.

Le prince cesse d’être une silhouette : il a un nom, un père mourant, et un royaume dont l’équilibre dépend de son mariage. Les deux personnages se rencontrent avant le bal, ce qui règle l’objection habituelle sur le coup de foudre en une soirée.

Quant à Cendrillon, le film lui donne une ligne de conduite explicite, héritée de sa mère : du courage et de la bonté. Ce n’est pas de la passivité, c’est un choix — et le film s’emploie à en faire la démonstration.

Dans les coulisses

La robe de bal est devenue un objet de légende : plusieurs centaines de mètres de tissu en couches superposées, des milliers de cristaux cousus à la main, et un volume tel que l’actrice ne pouvait ni s’asseoir ni passer les portes seule. Elle a été conçue par Sandy Powell, trois fois oscarisée, dont le travail sur ce film a été nommé.

Le carrosse est un vrai véhicule construit en dur, tiré par quatre chevaux, et non un effet numérique — parti pris constant du film, qui privilégie les décors et les costumes réels chaque fois que c’est possible.

Ce qu’il faut savoir

  • Helena Bonham Carter compose une marraine excentrique et distraite, dans une séquence de transformation qui est le morceau de bravoure du film.
  • Lily James a suivi un régime et un corset si serrés que ses déclarations sur le tournage ont relancé le débat sur les silhouettes imposées aux actrices dans les films pour enfants.
  • Le film était accompagné en salles du court métrage La Reine des Neiges : une fête givrée, ce qui a considérablement gonflé sa fréquentation.
  • Aucun animal ne parle — les souris restent des souris, et le film assume de ne pas reprendre Jaq et Gus, pourtant très aimés dans la version de 1950.
  • Kenneth Branagh vient du théâtre shakespearien, ce qui s’entend dans la direction d’acteurs et dans le soin apporté aux seconds rôles.

Où le voir aujourd’hui

Disponible sur Disney+ et en Blu-ray. Si vous ne deviez voir qu’un seul remake Disney, prenez celui-ci : c’est le seul qui donne l’impression d’avoir été fait par amour du conte plutôt que par calcul.