Grand Classique n° 130
Buzz l’Éclair
2022 · 1 h 45
- Réalisation
- Angus MacLane
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Le postulat de ce film est plus retors qu’il n’y paraît, et beaucoup de spectateurs l’ont manqué : ce n’est pas l’histoire du jouet de Toy Story.
C’est le film de science-fiction qu’Andy aurait vu au cinéma en 1995, et qui lui aurait donné envie d’avoir la figurine. Un carton l’explique en ouverture. Le studio a considéré que c’était suffisant ; le public, largement, n’a pas suivi.
L’histoire
Buzz l’Éclair est un ranger de l’espace. Lors d’une exploration, son vaisseau est endommagé et l’équipage — plus de mille personnes — se retrouve bloqué sur une planète hostile.
Buzz, qui se tient pour responsable, entreprend de mettre au point un carburant hyperspatial permettant de repartir. Chaque essai suppose un vol à très haute vitesse.
Et c’est là que le film devient intéressant : à cause de la dilatation temporelle, chaque tentative de quatre minutes lui coûte quatre années au sol. Il rentre à chaque fois pour trouver ses amis vieillis, une colonie qui s’organise sans lui, et une vie qui continue en son absence.
Ce qu’il faut savoir
- La relativité restreinte est le vrai moteur du film, et elle est utilisée correctement : plus on va vite, plus le temps des autres passe. Le film en tire son émotion, notamment via le personnage d’Alisha.
- Sox, le chat robot de compagnie, est unanimement considéré comme la meilleure idée du film — un animal de soutien émotionnel programmé, doté d’un ton parfaitement neutre.
- Le film a été interdit dans plusieurs pays en raison d’un baiser entre deux femmes. La séquence, un temps coupée au montage, a été rétablie après une protestation interne des employés de Pixar.
- Chris Evans double Buzz en version originale, et non Tim Allen — puisqu’il ne s’agit pas du jouet mais du personnage de fiction dont le jouet est tiré.
- Le film a été un échec commercial, le plus net de Pixar depuis Le Voyage d’Arlo, malgré un accueil critique correct.
- L’esthétique reprend la science-fiction des années 1980 — Alien, Star Wars, 2001 — avec des vaisseaux lourds, des combinaisons épaisses et des écrans à tube cathodique.
Où le voir aujourd’hui
Disponible sur Disney+ et en Blu-ray. Regardé pour ce qu’il est — un film d’aventure spatiale à l’ancienne, et non un épisode de Toy Story — il est nettement meilleur que sa réputation.