Danny le petit mouton noir

Grand Classique n° 12

Danny le petit mouton noir

1948 · 1 h 22

Réalisation
Harold D. Schuster, Hamilton Luske
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Voici le plus atypique des Grands Classiques : un film presque entièrement en prises de vues réelles, tourné à la campagne, où l’animation n’intervient que par brèves séquences illustrant les pensées d’un enfant.

C’est aussi, de l’avis de plusieurs de ses proches, le film que Walt Disney aimait le plus. Il y racontait quelque chose de très proche de sa propre enfance à Marceline, dans le Missouri, où sa famille avait tenu une ferme et d’où il gardait un souvenir idéalisé.

L’histoire

Indiana, 1903. Jeremiah vit chez sa grand-mère, femme sévère et pieuse qui tient les comptes d’une ferme modeste. Quand une brebis primée met bas un agneau noir — donc sans valeur commerciale, et rejeté par sa mère — le garçon décide de l’élever.

Il se met en tête de le présenter à la foire du comté, ce que sa grand-mère juge absurde : un mouton noir ne gagne pas de concours, et le temps passé à s’en occuper est du temps volé au travail.

Le film raconte une année de cette obstination, avec une patience et une absence de spectacle assez déroutantes pour un film Disney.

Dans les coulisses

Le film a été tourné en décors naturels avec de vrais animaux, et son rythme est celui d’un film rural américain classique plutôt que d’un divertissement pour enfants.

Les séquences animées interviennent lorsque Jeremiah consulte son « livre de sagesse », un album dont les images s’animent pour lui délivrer des leçons de persévérance — c’est le seul endroit où le studio fait ce qu’on attend de lui.

Bobby Driscoll, qui joue Jeremiah, était l’acteur enfant fétiche du studio : il tournera Mélodie du Sud, puis prêtera sa voix à Peter Pan. Sa vie adulte a été tragique, et il est mort à 31 ans dans le dénuement.

Burl Ives, chanteur folk et acteur, y interprète « Lavender Blue », nommée à l’Oscar de la meilleure chanson.

Ce que seuls les fans savent

  • Le film devait être entièrement en prises de vues réelles. C’est le distributeur RKO qui a exigé l’ajout de séquences animées, estimant qu’un film Disney sans dessin animé était invendable.
  • Son classement parmi les Grands Classiques fait débat chez les amateurs, puisque l’animation y occupe une part minoritaire — le même débat existe pour Mélodie du Sud.
  • Walt Disney a fait reconstruire la ferme de son enfance à Marceline des décennies plus tard, et le lien entre ce film et ses souvenirs personnels est documenté par ses biographes.
  • La grand-mère est jouée par Beulah Bondi, actrice nommée deux fois aux Oscars, qui refuse ici tout adoucissement de son personnage — elle n’est jamais présentée comme méchante, seulement comme épuisée et réaliste.
  • Le film n’a pas trouvé son public et reste l’un des titres les plus rarement diffusés du catalogue.
  • Sa durée réelle est d’environ 82 minutes, bien au-delà des 75 minutes souvent indiquées, selon les versions d’exploitation.

Où le voir aujourd’hui

Disponible sur Disney+ et en édition physique, plus difficilement en France. C’est un film lent, sincère et complètement à contre-courant de l’idée qu’on se fait d’un Disney — à réserver aux curieux, qui y trouveront un portrait inattendu de son auteur.