Alerte rouge

Grand Classique n° 129

Alerte rouge

2022 · 1 h 40

Réalisation
Domee Shi
Voir le DVD (nouvel onglet, lien partenaire)Voir le Blu-ray (nouvel onglet, lien partenaire)

Liens partenaires vers la boutique : le prix reste identique pour vous.

Domee Shi est la première femme à réaliser seule un long métrage Pixar. Elle avait signé quatre ans plus tôt Bao, court métrage oscarisé sur une mère chinoise et une bouchée vapeur devenue enfant.

Son premier long va nettement plus loin : c’est un film sur une adolescente de treize ans, ses règles, son désir naissant et sa mère envahissante — sujets qu’aucun grand studio américain n’avait traités aussi frontalement dans un film d’animation familial.

L’histoire

Toronto, 2002. Meilin Lee a treize ans, d’excellentes notes, quatre amies inséparables, et une obsession pour un boys band nommé 4*Town.

Elle aide aussi sa mère à tenir le temple familial, où sa famille honore une ancêtre depuis des générations.

Un matin, elle se réveille transformée en panda roux géant. Sa mère, en découvrant la situation, ne s’étonne pas une seconde : c’est héréditaire, toutes les femmes de la famille y passent, et il existe un rituel pour s’en débarrasser.

Reste que la transformation se déclenche à chaque émotion forte, et qu’à treize ans, il n’y a à peu près que ça.

Ce qu’il faut savoir

  • La métaphore est explicite. Quand Meilin s’enferme dans la salle de bains, sa mère arrive avec des serviettes hygiéniques et de l’ibuprofène en supposant le pire — et le film ne recule ni sur la scène, ni sur le malaise.
  • Le vrai sujet est la mère. Ming aime sa fille au point de l’étouffer, parce que sa propre mère l’a étouffée avant elle. Le film remonte cette chaîne sur trois générations et propose une réponse plutôt culottée.
  • Les chansons de 4*Town sont signées Billie Eilish et Finneas, écrites pour sonner exactement comme un boys band du début des années 2000.
  • Le film est sorti directement sur Disney+ dans la plupart des pays — décision liée à la pandémie, mal vécue en interne, plusieurs employés de Pixar ayant estimé publiquement que trois films consécutifs privés de salles n’était pas un hasard.
  • Une polémique a suivi la sortie : un critique américain ayant jugé le film « trop spécifique » pour être universel s’est attiré une réponse massive, y compris de professionnels du secteur, sur ce qu’on exige d’un film porté par une héroïne asiatique.
  • L’animation emprunte franchement aux codes du manga et de l’anime : yeux qui grossissent, déformations comiques, effets de vitesse. C’est le Pixar le plus stylisé de son époque.

Où le voir aujourd’hui

Disponible sur Disney+ et en Blu-ray. Un film drôle, bruyant, très bien écrit, et qui parlera surtout aux adolescentes et à leurs mères — souvent séparément, avant de les réunir.