Grand Classique n° 100
Toy Story 3
2010 · 1 h 43
- Réalisation
- Lee Unkrich
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Les enfants qui avaient six ans en 1995 devant Toy Story en avaient vingt et un en 2010. Toy Story 3 a été écrit pour eux, et il traite exactement du sujet qui les concernait cette année-là : le moment où l’on quitte la maison, et ce qu’on décide de laisser derrière soi.
C’est la seule trilogie de l’histoire du cinéma d’animation dont chaque volet est meilleur que le précédent, et c’est le premier film d’animation à avoir dépassé le milliard de dollars de recettes.
L’histoire
Andy a dix-sept ans et part à l’université dans quelques jours. Les jouets, remisés dans un coffre depuis des années, savent que quelque chose se prépare et guettent le moindre signe.
Un malentendu — un sac poubelle, un carton mal étiqueté — les envoie à la crèche Sunnyside, établissement qui ressemble d’abord au paradis : des dizaines d’enfants, des jouets partout, un ours en peluche à la fraise qui fait office de patriarche bienveillant.
La réalité de l’endroit se révèle progressivement, et le film bascule dans un registre que Pixar n’avait jamais tenté : celui du film d’évasion, avec ses gardiens, ses rondes et son plan minuté.
Dans les coulisses
Le film a failli être fait sans Pixar. Après l’échec des négociations entre Disney et Pixar au milieu des années 2000, Disney avait monté un studio dédié, Circle 7, chargé de produire des suites aux films Pixar sans leurs auteurs. Un scénario de Toy Story 3 y a été écrit — il impliquait un rappel massif de jouets défectueux et un voyage au Taïwan.
Le rachat de Pixar par Disney en 2006 a envoyé ce projet à la poubelle, et l’équipe d’origine a repris la main. Lee Unkrich, monteur des deux premiers films, passe pour la première fois à la réalisation.
Techniquement, la difficulté principale a été de refaire des personnages vieux de quinze ans. Les fichiers d’origine étaient inexploitables sur les outils modernes ; tout a dû être reconstruit à l’identique, avec des textures et un éclairage contemporains, sans que le spectateur puisse voir la différence.
Ce que seuls les fans savent
- La scène de l’incinérateur est l’un des moments les plus adultes jamais produits par un grand studio d’animation. Les personnages cessent de lutter, se prennent la main et attendent. Aucune blague, aucune échappatoire annoncée. Les projections tests ont provoqué des réactions telles que l’équipe s’est demandé si elle pouvait la garder. Elle l’a gardée.
- Lotso n’est pas né méchant. Son histoire — l’abandon, le remplacement par un modèle identique — en fait l’un des antagonistes les mieux écrits du studio, et le seul dont le film refuse explicitement la rédemption.
- Le film a remporté l’Oscar du meilleur film d’animation et celui de la meilleure chanson, et a été nommé au meilleur film — le troisième film d’animation à y parvenir.
- Buzz en mode espagnol est né d’une plaisanterie de production sur les versions localisées du personnage. La séquence de flamenco a été animée par une équipe qui s’est visiblement beaucoup amusée.
- La dernière scène a été écrite avant tout le reste. Lee Unkrich a raconté que l’idée du don des jouets à une petite fille existait dès les premières réunions, et que tout le film a été construit pour y arriver.
- Le générique de fin montre ce que devient Sunnyside, dans une série de plans qui referment toutes les sous-intrigues sans une ligne de dialogue.
Où le voir aujourd’hui
Disponible sur Disney+ et en Blu-ray. Un quatrième volet est sorti en 2019, neuf ans plus tard, et divise franchement les amateurs : beaucoup considèrent que la trilogie se suffisait à elle-même et que la fin de 2010 était la bonne.
C’est un débat qui n’a pas de réponse — mais si vous ne devez en montrer que trois à quelqu’un qui découvre la saga, arrêtez-vous ici.