Grand Classique n° 133
Wish : Asha et la bonne étoile
2023 · 1 h 35
- Réalisation
- Chris Buck, Fawn Veerasunthorn
Ce film avait une mission délicate : célébrer les cent ans des studios Disney, fondés en 1923. Le studio a choisi de raconter l’origine d’un motif qui traverse toute son histoire — l’étoile à laquelle on adresse un vœu, depuis « Quand on prie la bonne étoile » dans Pinocchio, devenue depuis l’emblème sonore de l’entreprise.
L’ambition était immense, l’accueil a été mitigé, et le film n’a pas rencontré son public. Il reste intéressant, notamment pour ce qu’il tente visuellement.
L’histoire
Le royaume de Rosas a été fondé par le magicien Magnifico, qui offre à ses habitants une protection singulière : à leurs dix-huit ans, chacun lui confie son vœu le plus cher. Le souvenir de ce vœu leur est retiré — ils ne savent plus ce qu’ils désiraient, ce qui les délivre du poids de ne pas l’obtenir.
Une fois par mois, Magnifico en exauce un devant la foule.
Asha, dix-sept ans, postule comme apprentie. En découvrant la salle où sont conservés les vœux, elle comprend que la plupart ne seront jamais exaucés, et qu’ils ne peuvent pas être rendus.
Ce soir-là, désespérée, elle adresse une demande au ciel. Quelque chose répond.
Ce qu’il faut savoir
- Le style visuel est un hybride assumé : rendu en images de synthèse recouvert de textures d’aquarelle, avec des décors qui imitent les fonds peints des Grands Classiques. C’est l’aspect le plus réussi du film, et il n’a pas convaincu tout le monde.
- Le film est truffé de références aux cent ans du studio : allusions aux sept nains, à Peter Pan, à Bambi, à la Belle au bois dormant. Certaines sont fines, d’autres franchement appuyées.
- Magnifico est une bonne idée de méchant : il ne ment pas sur ce qu’il fait, et son royaume fonctionne. Le film pose la question de ce qu’on accepte d’abandonner en échange de la sécurité.
- L’accueil critique a été le plus tiède qu’ait connu Disney Animation depuis longtemps, et les résultats en salles n’ont pas été à la hauteur d’un film anniversaire.
- Valentino, la chèvre parlante, est le personnage secondaire le plus commenté du film — dans les deux sens.
- Les chansons sont signées Julia Michaels et Benjamin Rice, dans un registre pop contemporain qui tranche avec la tradition Broadway du studio.
Où le voir aujourd’hui
Disponible sur Disney+ et en Blu-ray. À voir surtout pour son travail graphique et pour l’exercice de célébration — sans en attendre le niveau d’écriture d’Encanto ou de Zootopie.