Grand Classique n° 101
Raiponce
2010 · 1 h 40
- Réalisation
- Nathan Greno, Byron Howard
- Avec
- Maeva Méline (Raiponce), Romain Duris (Flynn Rider)
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Le cinquantième Grand Classique du studio a été l’un des plus difficiles à mettre au monde. Six ans de développement, un réalisateur remplacé, un scénario refondu deux fois, un budget qui a grimpé jusqu’à environ 260 millions de dollars, ce qui en fait, à sa sortie, le film d’animation le plus cher de l’histoire.
Il a aussi sauvé la maison. Après l’échec commercial de La Princesse et la Grenouille l’année précédente, une nouvelle déception aurait sérieusement remis en cause la ligne éditoriale du studio.
L’histoire
Une fleur magique, capable de guérir et de rendre la jeunesse, était gardée depuis des siècles par une vieille femme qui s’en servait pour ne pas vieillir. Le jour où la reine du royaume voisin tombe malade, les gardes trouvent la fleur et la lui administrent.
L’enfant qui naît de cette reine a les cheveux dorés, et le pouvoir de la fleur est passé en eux. Il ne fonctionne qu’à une condition : les cheveux ne doivent jamais être coupés.
Enlevée au berceau, Raiponce a grandi dans une tour sans porte, élevée par sa ravisseuse qu’elle appelle mère, avec pour seule fenêtre sur le monde un ciel qui, chaque année à la date de son anniversaire, se remplit de lumières flottantes.
Dans les coulisses : peindre en trois dimensions
Glen Keane, l’animateur d’Ariel, de la Bête et de Tarzan, portait ce projet depuis 2001 et devait le réaliser. Un infarctus l’a contraint à renoncer à la mise en scène ; il est resté sur le film comme directeur de l’animation et gardien du style.
Ce style, justement, est le grand enjeu. Keane voulait que la 3D ressemble à une peinture, précisément à L’Escarpolette de Fragonard, tableau rococo dont la lumière dorée et le feuillage vaporeux ont servi de référence à toute la direction artistique. Les équipes techniques ont dû développer un rendu capable d’adoucir les contours et de simuler la touche du pinceau, à rebours de la netteté habituelle de l’image de synthèse.
Et puis il y a les cheveux : environ vingt et un mètres de chevelure, soit près de cent mille mèches individuelles, qui doivent réagir à la gravité, au vent, à l’eau, et surtout se comporter comme un personnage à part entière, puisqu’ils servent tour à tour de corde, de lasso, de fouet et de lampe. Le simulateur écrit pour l’occasion a occupé une équipe pendant des années.
Ce que seuls les fans savent
- Le titre original a été changé en cours de route. « Rapunzel » est devenu « Tangled » (emmêlé) pour éviter le mot « princesse » dans la communication et attirer un public masculin, après que La Princesse et la Grenouille eut souffert de son titre. Le titre français, lui, est resté Raiponce.
- Une version antérieure du projet était une comédie contemporaine intitulée Rapunzel Unbraided, où des adolescents modernes étaient projetés dans un conte de fées. Elle a été entièrement abandonnée.
- Alan Menken signe la musique, vingt et un ans après La petite sirène, un retour à la maison qui referme le cycle ouvert par la Renaissance.
- La séquence des lanternes a demandé un travail d’éclairage considérable : chaque lanterne est une source lumineuse autonome qui éclaire l’eau, les visages et les autres lanternes. C’est la scène la plus lourde à calculer du film.
- Maximus, le cheval de la garde royale, se comporte comme un chien policier : idée d’animation pure, sans une réplique, qui en fait l’un des meilleurs personnages secondaires du studio moderne.
- Mère Gothel n’utilise jamais la violence physique. Toute son emprise passe par la parole, la culpabilisation et la fausse tendresse. Le film a été largement commenté pour la justesse de cette description d’une relation toxique.
Le doublage français
Maeva Méline assure la voix parlée et chantée de Raiponce, et Romain Duris apporte à Flynn Rider une nonchalance qui colle parfaitement au personnage. La VF est de bonne facture, avec des adaptations de chansons qui tiennent la route, ce qui n’est pas toujours acquis sur cette période.
Où le voir aujourd’hui
Disponible sur Disney+ et en Blu-ray. Le film a été prolongé par un court métrage, Le Mariage de Raiponce, et par une série télévisée qui se déroule entre les deux. L’ensemble forme l’un des univers étendus les plus cohérents du studio moderne.