Grand Classique n° 10
Coquin de Printemps
1947 · 1 h 11
- Réalisation
- Jack Kinney, Bill Roberts, Hamilton Luske
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Il y a dans ce film un moment que les historiens du studio traitent avec une certaine solennité : c’est la dernière fois que Walt Disney prête sa voix à Mickey.
Il doublait le personnage depuis 1928, depuis Steamboat Willie. Ses obligations de patron d’entreprise et une voix abîmée par le tabac l’ont conduit à passer le relais à Jimmy MacDonald, bruiteur maison. Après Coquin de Printemps, Mickey n’a plus jamais parlé avec la voix de son créateur.
Ce que c’est
Deux moyens métrages présentés par Jiminy Cricket, qui traîne dans une maison en explorant les disques et les livres :
Bongo — l’histoire d’un ours vedette de cirque qui s’échappe pour découvrir la vie sauvage, tombe amoureux, et se heurte à un code de séduction ursidé qu’il ne comprend pas du tout. Le segment est narré et chanté par Dinah Shore.
Mickey et le Haricot magique — la version Disney de Jack et le Haricot magique, avec Mickey, Donald et Dingo en paysans affamés de la Vallée Heureuse. C’est le morceau de choix du film, et l’une des rares occasions de voir les trois personnages partager un récit long.
Dans les coulisses
Le segment du haricot magique devait à l’origine être un long métrage complet, avec Mickey en vedette. Faute de moyens dans l’après-guerre, il a été réduit et associé à Bongo, lui-même prévu comme film autonome.
La présentation est confiée à Edgar Bergen, immense vedette de radio américaine, ventriloque accompagné de sa marionnette Charlie McCarthy, filmé en prises de vues réelles en train de raconter l’histoire à une petite fille. Ce dispositif, très daté, est la partie du film qui a le plus mal vieilli.
Le géant Willie, en revanche, est un vrai personnage : maladroit, un peu bête, capable de se transformer en n’importe quoi et incapable de se souvenir de la formule pour redevenir lui-même. Il a été repris par le studio à plusieurs reprises.
Ce que seuls les fans savent
- Walt Disney partage l’affiche vocale avec Jimmy MacDonald sur ce film, dans une transition organisée. MacDonald a ensuite doublé Mickey pendant plus de trente ans.
- Les trois personnages n’avaient plus joué ensemble dans un récit long depuis les courts métrages des années 1930, et ne le referont plus avant Le Prince et le Pauvre en 1990.
- La scène du repas — une seule fève, un haricot et une tranche de pain à partager entre trois affamés — est un cas d’école d’animation comique, souvent projetée dans les écoles d’animation.
- Le segment du haricot a été réédité seul à de multiples reprises, avec des présentations différentes selon les époques, ce qui a brouillé son identité d’origine.
- Bongo est adapté d’une nouvelle de Sinclair Lewis, premier écrivain américain à recevoir le prix Nobel de littérature — un pedigree inattendu pour une histoire d’ours de cirque.
- La convention amoureuse chez les ours, qui veut qu’une gifle soit une déclaration d’amour, donne au segment une chanson entière et un malentendu qui dure vingt minutes.
Où le voir aujourd’hui
Disponible sur Disney+ et en Blu-ray. Le film compte parmi les moins connus du catalogue, et son intérêt principal est historique — mais le haricot magique tient parfaitement debout, et vaut d’être montré aux enfants qui ne connaissent Mickey que par les parcs.