Le trésor de la lampe perdue

Grand Classique n° 34

Le trésor de la lampe perdue

1990 · 1 h 14

Réalisation
Bob Hathcock
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Voici un film que beaucoup de Français ont vu sans savoir qu’il avait été fabriqué à quelques kilomètres de chez eux. Le Trésor de la lampe perdue est l’un des premiers longs métrages produits par les studios Disney de Montreuil, en région parisienne, ouverts à la fin des années 1980 pour absorber la demande croissante en animation télévisée.

C’est aussi le tout premier film de la structure qui deviendra DisneyToon Studios, à l’origine de la quasi-totalité des suites vidéo que compte ce catalogue.

L’histoire

Balthazar Picsou finance une expédition archéologique en Égypte, accompagné de Riri, Fifi, Loulou et de sa nièce Zaza. Objectif : la tombe de Collie Baba et le trésor de ses quarante voleurs.

Le trésor existe. Il a même été déplacé, et parmi les objets rapportés figure une vieille lampe à huile dont Zaza s’empare sans en comprendre l’intérêt.

Le sorcier Merlock, qui poursuit cette lampe depuis des siècles, n’a pas du tout l’intention de la laisser à une famille de canards écossais.

Dans les coulisses

Le film prolonge La Bande à Picsou, série de 1987 qui avait relancé l’univers de Balthazar Picsou créé par Carl Barks dans les bandes dessinées américaines des années 1940 et 1950. La série avait rencontré un immense succès international, et particulièrement en France.

Le long métrage a bénéficié d’un budget supérieur à celui de la série, ce qui se voit sur les décors et sur l’animation des scènes d’action, mais reste très en deçà d’un Grand Classique.

Commercialement, ce fut un échec en salles : le public ne s’est pas déplacé pour voir au cinéma ce qu’il regardait gratuitement à la télévision. La leçon a été retenue : les productions DisneyToon suivantes sont sorties directement en vidéo, modèle qui a fait la fortune du studio pendant quinze ans.

Ce que seuls les fans savent

  • Le génie de la lampe est ici un enfant maladroit, très éloigné du personnage d’Aladdin qui sortira deux ans plus tard. Les deux films n’ont aucun lien.
  • Merlock est l’un des rares méchants réellement inquiétants des productions dérivées Disney : il se transforme en animaux, ne plaisante jamais, et son mobile est une soif de destruction pure.
  • Carl Barks, créateur de Picsou, a longtemps travaillé dans l’anonymat le plus complet : les bandes dessinées Disney n’étaient pas signées. Il a été identifié par ses lecteurs, qui l’appelaient « le bon dessinateur », et n’a été reconnu officiellement qu’à la fin de sa vie.
  • Le studio de Montreuil a fonctionné jusqu’en 2003 et a participé à un nombre considérable de productions, dont Dingo et Max, plusieurs suites vidéo, et des séquences de longs métrages sortis en salles.
  • Zaza est l’un des rares personnages féminins de l’univers de Donald à avoir un rôle moteur, ce que la série de 1987 avait déjà établi.
  • La série a été relancée en 2017 dans une version très bien accueillie, qui rend explicitement hommage aux bandes dessinées de Carl Barks.

Où le voir aujourd’hui

Disponible sur Disney+. Le film n’est pas un chef-d’œuvre, mais il fait très correctement ce qu’il promet : une aventure d’archéologie à l’ancienne, avec des pièges, des tombeaux et un oncle radin.

À montrer à ceux qui ont grandi devant la série : l’effet madeleine est immédiat.