Bernard et Bianca au pays des kangourous

Grand Classique n° 35

Bernard et Bianca au pays des kangourous

1990 · 1 h 17

Réalisation
Hendel Butoy, Mike Gabriel
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Ce film occupe une place technique décisive dans l’histoire du studio, et presque personne ne le sait : c’est le premier long métrage d’animation entièrement produit sans cellulo. Plus une seule feuille de celluloïd peinte à la main, plus un seul département d’encrage. Tout est passé par ordinateur.

C’est aussi la première suite d’un long métrage d’animation Disney sortie au cinéma, et un échec commercial si net que le studio n’a plus retenté l’expérience en salles avant longtemps.

L’histoire

Dans l’outback australien, un garçon nommé Cody libère un aigle géant pris dans un piège. L’animal, une femelle nommée Marahute, l’emmène en vol au-dessus des gorges et lui montre son nid.

Mauvaise nouvelle : un braconnier, Percival McLeach, traque cet oiseau depuis des mois, et il comprend rapidement que l’enfant sait où il niche. Il l’enlève.

Un appel de détresse traverse le monde jusqu’au siège new-yorkais de la Société de Sauvetage, et Bernard et Bianca embarquent pour l’Australie, Bernard ayant par ailleurs un projet personnel qu’il n’arrive jamais à mener à bien : demander Bianca en mariage.

Dans les coulisses : la fin du cellulo

Le système utilisé s’appelle CAPS, pour Computer Animation Production System, développé conjointement par Disney et Pixar à la fin des années 1980. Les dessins des animateurs sont numérisés, colorisés à l’écran, composités avec les décors et les effets, puis enregistrés directement sur pellicule.

Les gains sont immenses : nombre illimité de niveaux de superposition, transparences, ombres portées, mouvements de caméra impossibles auparavant. La grande séquence de vol avec Marahute (la caméra qui tourne autour de l’aigle et de l’enfant au-dessus des canyons) n’existerait pas sans cet outil.

Le studio avait testé CAPS sur un seul plan de La petite sirène, l’arc-en-ciel final. Ici, il l’utilise sur l’intégralité du film.

Ce que seuls les fans savent

  • Le film a été sorti face à Maman, j’ai raté l’avion et n’a pas résisté. Le studio a interrompu sa campagne promotionnelle dès la deuxième semaine, décision brutale, souvent citée comme l’une des raisons de son échec.
  • Aucune chanson. Contrairement au premier film et à toute la production de la Renaissance en cours, celui-ci est un pur film d’aventure, sans numéro musical.
  • Wilbur l’albatros est doublé par John Candy en version originale, et sa scène d’hôpital est le morceau comique du film.
  • McLeach est l’un des rares méchants Disney sans aucune ambition surnaturelle : c’est un braconnier qui tue des animaux protégés pour les revendre, et le film ne lui accorde pas la moindre circonstance atténuante.
  • L’échec a durablement dissuadé le studio de sortir des suites en salles : c’est en partie ce qui a conduit, quatre ans plus tard, à inventer le modèle des suites directement en vidéo avec Le Retour de Jafar.
  • La séquence d’ouverture, qui traverse l’Australie en un seul mouvement descendant jusqu’à la maison de Cody, est régulièrement citée comme l’une des plus belles introductions du studio.

Où le voir aujourd’hui

Disponible sur Disney+ et en Blu-ray. C’est l’un des Disney les plus injustement oubliés : un vrai film d’aventure, sans temps mort, avec une séquence de vol qui reste à ce jour l’une des plus impressionnantes jamais animées par le studio.