Dingo et Max

Grand Classique n° 40

Dingo et Max

1995 · 1 h 18

Réalisation
Kevin Lima
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Sur le papier, c’était un produit dérivé de série télévisée destiné à occuper les vacances. Trente ans plus tard, Dingo et Max a un statut culte que peu de longs métrages Disney de cette période peuvent revendiquer — et il le doit à une seule chose : c’est le film le plus juste jamais produit par le studio sur la relation entre un père et un adolescent.

L’histoire

Max entre au lycée et n’a qu’un objectif : ne plus être le fils de Dingo. Il monte un canular en pleine assemblée générale, se déguise en Powerline — la superstar du moment — et déclenche un délire général qui lui vaut l’attention de Roxanne, dont il est amoureux depuis toujours.

Il lui promet, sur un mensonge, de l’emmener à la fin de l’année au concert de Powerline.

Le même jour, Dingo, convoqué par le proviseur qui lui annonce que son fils est sur une mauvaise pente, décide de resserrer les liens à sa manière : un road trip de pêche père-fils sur l’itinéraire exact de ses propres vacances d’enfance, avec carte pliée en accordéon et étapes obligatoires.

Dans les coulisses

Le film est produit par la division DisneyToon, qui gérait les longs métrages issus de séries télévisées, et fabriqué pour une large part par les studios Disney de Paris et de Sydney — les équipes françaises, installées à Montreuil, ont assuré une part importante de l’animation.

Le budget est très inférieur à celui d’un Grand Classique, ce qui se voit sur certains plans. En revanche, le film ne fait aucune concession sur l’écriture : Max a honte de son père, Dingo ne sait pas parler à son fils, et personne ne trouve les mots avant la toute fin.

La séquence de concert finale, avec le morceau « I2I » interprété par Tevin Campbell, est devenue un morceau d’anthologie — au point que Powerline, personnage qui n’existe que dans ce film, jouit d’une popularité durable et d’un vrai culte musical aux États-Unis.

Ce que seuls les fans savent

  • Powerline est ouvertement construit sur Michael Jackson et Prince, dans son apparence comme dans sa chorégraphie. Les deux chansons du personnage sont écrites dans le style new jack swing du début des années 1990.
  • Le film est particulièrement aimé du public afro-américain aux États-Unis, où il est régulièrement cité comme le Disney le plus proche de la culture musicale de l’époque.
  • Bigfoot apparaît dans le film — l’une des rencontres les plus incongrues du catalogue, et le morceau de bravoure comique du premier acte.
  • Le personnage de Dingo est ici un père célibataire, ce que la série La Bande à Dingo avait établi sans jamais l’exploiter dramatiquement. Le film en fait le cœur du sujet.
  • Une suite, Dingo et Max 2, est sortie en 2000, cette fois centrée sur l’entrée de Max à l’université.
  • La dernière image du film — la photo — est le genre de conclusion sans dialogue que les grands studios n’osent presque jamais.

Où le voir aujourd’hui

Disponible sur Disney+ et en Blu-ray. Ne vous laissez pas arrêter par son statut de film dérivé : c’est un des Disney des années 1990 qui a le mieux vieilli, et probablement celui qui parlera le plus à quiconque a eu quinze ans et un père embarrassant.