Peter et Elliott le dragon

Grand Classique n° 27

Peter et Elliott le dragon

1977 · 2 h 08

Réalisation
Don Chaffey
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Il y a deux films qui portent ce titre, et ils n’ont presque rien en commun. Celui de 1977 est une comédie musicale bavarde et colorée, mélangeant comédiens en chair et en os et un dragon dessiné. Celui de 2016, réalisé par David Lowery, est un drame contemplatif sur un enfant sauvage — et c’est l’un des meilleurs remakes jamais produits par le studio.

Cet article parle du premier.

L’histoire

Peter est un orphelin en fuite. Il a été « acheté » par les Gogan, une famille de rustres qui l’exploitent comme main-d’œuvre et le poursuivent à travers la forêt pour récupérer leur bien.

Il n’est pas seul : il voyage avec Elliott, un dragon vert et rose, maladroit, capable de se rendre invisible — ce qui pose un problème considérable de crédibilité quand le garçon tente d’expliquer à des adultes pourquoi les choses tombent toutes seules autour de lui.

Arrivés dans un village de pêcheurs du Maine, ils trouvent refuge auprès d’une gardienne de phare et de son père alcoolique. Puis débarque un docteur ambulant, vendeur d’élixirs, qui a très bien compris ce qu’on peut tirer commercialement d’un dragon.

Dans les coulisses

Le film s’inscrit dans la tradition ouverte par Mary Poppins : des acteurs, des chansons, et un personnage animé intégré aux prises de vues réelles. Elliott a été animé par Don Bluth, alors encore chez Disney, deux ans avant son départ fracassant.

La difficulté technique tient à l’invisibilité : le dragon doit interagir avec des décors réels tout en disparaissant à volonté, ce qui suppose de coordonner l’animation, les effets pratiques sur le plateau et le jeu des comédiens face au vide. Le jeune Sean Marshall a passé une bonne partie du tournage à parler à un point marqué sur un mur.

La distribution est solide : Mickey Rooney, Shelley Winters en matriarche des Gogan, Jim Dale en escroc, et Helen Reddy — grande vedette de la chanson des années 1970 — en gardienne de phare.

Ce que seuls les fans savent

  • « Une lueur dans la nuit » a été nommée à l’Oscar de la meilleure chanson originale. Interprétée par Helen Reddy en haut du phare, c’est de loin le meilleur moment musical du film.
  • Le film a été raccourci presque immédiatement. Sa version de sortie dépassait les deux heures et quart ; le studio l’a ramenée à un peu plus de cent minutes en quelques semaines, coupant plusieurs chansons.
  • Elliott ne parle pas — il grommelle, siffle et gémit. Toute sa personnalité repose sur l’animation et sur les réactions des personnages humains, ce qui en fait un exercice bien plus difficile qu’il n’y paraît.
  • Le décor du village de Passamaquoddy a été construit en grandeur nature sur le terrain du studio, l’un des plus gros décors extérieurs jamais bâtis par Disney pour un film musical.
  • Le remake de 2016 abandonne tout : les chansons, les couleurs, l’humour, et jusqu’à l’apparence du dragon, devenu une créature à fourrure. Il conserve uniquement le titre et l’idée d’un enfant et de son ami invisible.
  • Elliott apparaît régulièrement dans les parades des parcs Disney depuis les années 1980, ce qui lui a offert une longévité que le film seul ne lui aurait jamais donnée.

Où le voir aujourd’hui

Disponible sur Disney+ et en Blu-ray. C’est un film long, inégal, très marqué par son époque — et qui garde un vrai capital d’affection chez ceux qui l’ont vu enfants. Les autres pourront lui préférer la version de 2016, plus sobre et franchement bouleversante.