Le retour de Jafar

Grand Classique n° 39

Le retour de Jafar

1995 · 1 h 06

Réalisation
Toby Shelton, Tad Stones, Alan Zaslove
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Ce film n’a l’air de rien, et il a pourtant changé la façon dont Disney gagne de l’argent pendant quinze ans. Le Retour de Jafar est la première suite sortie directement en vidéo de l’histoire du studio.

Le principe : reprendre un succès récent, produire une suite pour une fraction du budget d’un film de cinéma, et la vendre en cassette à un public d’enfants qui réclament la même histoire encore une fois. Le film a coûté très peu et s’est écoulé à plusieurs millions d’exemplaires. La leçon a été retenue avec enthousiasme — la moitié des titres de ce catalogue lui doivent leur existence.

L’histoire

Iago, le perroquet de Jafar, parvient à s’échapper de la lampe où son maître est enfermé, et décide qu’il en a assez de servir un tyran. Il tente de se faire adopter par Aladdin, ce qui suppose de convaincre tout le palais qu’un traître notoire a changé.

Pendant ce temps, un voleur de grand chemin retrouve la lampe noire dans le désert, et Jafar, devenu génie au terme du premier film, a besoin d’un complice humain pour se libérer.

Ce qu’il faut savoir

  • Le film est un assemblage. Il a été bâti à partir d’épisodes développés pour la série télévisée Aladdin, recousus et complétés — ce qui explique son rythme heurté et sa structure en saynètes.
  • Robin Williams n’est pas là. Toujours brouillé avec le studio à propos de l’utilisation de sa voix dans la publicité du premier film, il a refusé de revenir. Le Génie est doublé par Dan Castellaneta, la voix d’Homer Simpson, qui s’en tire honorablement dans un exercice impossible.
  • Iago est le vrai personnage principal, et le film lui offre un arc de rédemption plutôt bien mené — il restera d’ailleurs dans la série télévisée comme allié permanent.
  • La qualité d’animation est nettement inférieure à celle du film de 1992 : moins d’images par seconde, décors simplifiés, mouvements de caméra limités. C’est la contrepartie assumée du modèle vidéo.
  • Le succès commercial a été considérable — plusieurs millions de cassettes vendues dès la première année — et a directement conduit à la création d’une division dédiée aux suites vidéo.
  • La trilogie se referme avec Aladdin et le roi des voleurs, deux ans plus tard, où Robin Williams reprend son rôle après réconciliation.

Où le voir aujourd’hui

Disponible sur Disney+. À réserver à ceux qui veulent la trilogie complète, ou aux curieux d’histoire économique du studio : c’est le film qui a inventé un genre.