Grand Classique n° 50
Pocahontas 2 :un monde nouveau
1998 · 1 h 12
- Réalisation
- Tom Ellery, Bradley Raymond
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Voici un cas rare : une suite vidéo qui corrige son original sur le plan historique. Pocahontas s’arrêtait juste avant tout ce qui est réellement arrivé à Matoaka. Ce deuxième volet, lui, s’y attaque — partiellement, prudemment, mais il s’y attaque.
L’histoire
La tension monte entre la colonie de Jamestown et les Powhatans. À Londres, le roi Jacques Ier est convaincu par le gouverneur Ratcliffe qu’une expédition militaire s’impose.
John Rolfe, diplomate envoyé en Virginie, est chargé de ramener le chef Powhatan à la cour pour négocier. Celui-ci refuse ; c’est Pocahontas qui embarque à sa place.
Elle découvre Londres, ses rues, sa cour, ses codes — et un bal où on lui demande de porter un corset et de se comporter en dame anglaise pour prouver que son peuple est civilisable.
Ce qu’il faut savoir
- Le voyage en Angleterre a réellement eu lieu. Matoaka, rebaptisée Rebecca après sa conversion, a bien été présentée à la cour d’Angleterre en 1616 et y a été traitée comme une curiosité diplomatique.
- John Rolfe a réellement existé et l’a bien épousée. C’est lui qui a introduit la culture du tabac en Virginie, activité qui a fait la fortune de la colonie.
- Le film s’arrête juste avant la fin de l’histoire. Matoaka est morte en Angleterre en 1617, à environ vingt et un ans, alors qu’elle s’apprêtait à rentrer. Le film choisit de conclure sur un départ heureux.
- Le personnage de John Smith revient, ce qui oblige le récit à un triangle amoureux que l’histoire réelle ne comporte évidemment pas.
- La séquence du bal est le meilleur moment du film : la mise en scène d’une humiliation polie, où l’on demande à quelqu’un de renier ce qu’il est pour obtenir le droit d’être écouté.
- Judy Kuhn reprend les parties chantées du personnage, comme dans le premier film.
Où le voir aujourd’hui
Disponible sur Disney+. Le film est visuellement modeste et narrativement bancal, mais il a le mérite d’aborder ce que son prédécesseur évitait — et il constitue un complément utile pour qui veut comprendre l’écart entre l’histoire racontée et l’histoire réelle.