Grand Classique n° 54
Fantasia 2000
1999 · 1 h 15
- Réalisation
- Roy E. Disney (producteur exécutif), Eric Goldberg, Hendel Butoy
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Walt Disney voulait que Fantasia soit un film vivant : on le ressortirait tous les deux ou trois ans en remplaçant quelques segments par de nouveaux, indéfiniment. L’échec commercial de 1940 a tué l’idée le jour même.
Soixante ans plus tard, Roy E. Disney, neveu de Walt et gardien de la mémoire du studio, a obtenu de réaliser ce projet. Le film est sorti le 1er janvier 2000, exclusivement en IMAX, une première mondiale pour un long métrage d’animation.
Le programme
- Symphonie n° 5 (Beethoven) : de l’abstraction pure, des formes qui rappellent des papillons ou des chauves-souris selon l’humeur.
- Les Pins de Rome (Respighi) : un banc de baleines à bosse s’élève dans les airs et nage entre les nuages. Le segment le plus spectaculaire du programme.
- Rhapsody in Blue (Gershwin) : New York pendant la Grande Dépression, quatre destins qui se croisent, dessinés dans le trait exact d’Al Hirschfeld. Unanimement considéré comme le sommet du film.
- Concerto pour piano n° 2 (Chostakovitch) : Le Petit Soldat de plomb d’Andersen, avec une fin plus clémente que celle du conte.
- Le Carnaval des animaux (Saint-Saëns) : des flamants roses, un yo-yo, et deux minutes de pur burlesque.
- L’Apprenti sorcier (Dukas) : le segment de 1940, repris tel quel, seul rescapé du film original.
- Pompe et Circonstance (Elgar) : Donald en assistant de Noé, dans le seul segment du programme à confier un rôle à un personnage maison.
- L’Oiseau de feu (Stravinsky) : la destruction d’une forêt par une éruption et sa renaissance.
Dans les coulisses
Chaque segment est présenté par une personnalité différente (Steve Martin, Bette Midler, James Earl Jones, Quincy Jones, Angela Lansbury, le violoniste Itzhak Perlman, le duo Penn & Teller), dans des interludes filmés qui reprennent le principe de Deems Taylor en 1940, sur un ton nettement plus léger.
L’orchestre est celui du Metropolitan Opera, dirigé par James Levine. Le film assume complètement l’héritage sans chercher à imiter la solennité de son modèle.
Le segment Rhapsody in Blue, dirigé par Eric Goldberg (l’animateur du Génie d’Aladdin), est celui qui a demandé le plus de travail graphique : reproduire la ligne d’Al Hirschfeld, caricaturiste dont le trait continu et minimal semble simple et ne l’est absolument pas.
Ce que seuls les fans savent
- Le film a été projeté en IMAX pendant quatre mois avant sa sortie en salles classiques, dans une stratégie d’exclusivité inédite pour l’époque.
- Les baleines des Pins de Rome sont l’un des premiers grands usages d’images de synthèse pour des personnages entiers chez Disney, intégrées à des nuages peints à la main.
- Le segment de l’Oiseau de feu traite frontalement de la destruction et du deuil, et se termine sur une repousse végétale qui a beaucoup marqué le public : c’est le passage que citent le plus souvent ceux qui ont découvert le film enfants.
- Roy E. Disney a mené ce projet en parallèle de son combat interne pour maintenir l’exigence artistique du studio face à la direction, combat qui le conduira à démissionner du conseil d’administration en 2003.
- Le film n’a pas rencontré un grand succès commercial, et l’idée d’un Fantasia perpétuel est morte pour la deuxième fois.
- Plusieurs segments abandonnés existent à l’état de projets, dont une adaptation du Boléro de Ravel, jamais aboutie.
Où le voir aujourd’hui
Disponible sur Disney+ et en Blu-ray. Regardez-le au casque ou sur une bonne installation, comme son aîné. Si vous ne devez en voir qu’un segment, prenez Rhapsody in Blue.