Bienvenue chez les Robinson

Grand Classique n° 91

Bienvenue chez les Robinson

2007 · 1 h 35

Réalisation
Stephen Anderson
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Quand John Lasseter a pris la direction créative de Disney Animation en 2006, ce film était en production avancée. Il l’a visionné, a estimé qu’il ne fonctionnait pas, et a demandé qu’environ 60 % en soit refait — alors que la date de sortie était fixée.

C’est le premier film où s’exerce concrètement la reprise en main du studio par les gens de Pixar, et il porte les traces de cette opération à cœur ouvert.

L’histoire

Lewis a douze ans, vit dans un orphelinat, et a été refusé par cent vingt-quatre familles. Il consacre son temps à des inventions qui explosent généralement au moment de la démonstration.

Sa dernière création est une machine à lire les souvenirs, qu’il espère utiliser pour retrouver le visage de la mère qui l’a déposé sur les marches de l’orphelinat.

Lors de la présentation à la fête de la science, un garçon surgi de nulle part le prévient qu’un homme au chapeau melon veut voler la machine. Il repart avec Lewis dans une capsule temporelle, direction trente ans plus tard, chez une famille dont les membres semblent tous avoir été conçus par un dessinateur en pleine crise.

Dans les coulisses

Le film adapte un album illustré de William Joyce, A Day with Wilbur Robinson, qui tient en une trentaine de pages et ne contient à peu près aucune intrigue — juste une visite chez une famille excentrique. Tout le reste, le voyage dans le temps compris, a été inventé pour le film.

Le réalisateur, Stephen Anderson, a été adopté enfant, et il a bâti le récit autour de cette expérience. Cela explique l’insistance du film sur une idée précise : ce qui compte n’est pas ce qu’on a perdu, mais ce qu’on décide de construire.

Le film se referme sur une citation authentique de Walt Disney : « Nous ne regardons pas longtemps en arrière. Nous continuons d’avancer, d’ouvrir de nouvelles portes et de faire de nouvelles choses, parce que nous sommes curieux — et la curiosité nous mène sans cesse sur de nouveaux chemins. »

Placée à la fin d’un film produit par un studio en pleine reconstruction, la phrase ressemblait beaucoup à une déclaration d’intention.

Ce que seuls les fans savent

  • L’identité du garçon du futur est devinée par la plupart des spectateurs adultes dès les premières minutes, et le film ne s’en cache pas vraiment — il joue au contraire sur l’attente de la révélation.
  • « Continuons d’avancer » est devenu une formule de studio, reprise en interne pendant des années comme mot d’ordre de la nouvelle direction.
  • Le film a été l’un des premiers projetés en 3D relief dans le cadre du programme Disney Digital 3-D, dans un nombre limité de salles.
  • Le méchant au chapeau melon est secondé par un chapeau, seul véritable cerveau du duo — l’une des idées les plus absurdes et les plus réussies du film.
  • Le dinosaure et sa réplique sur ses petits bras est la blague la plus citée du film, et l’une des rares à avoir survécu à la réécriture générale.
  • Le film n’a pas rencontré son public en salles et a été largement redécouvert en vidéo, où sa réputation est bien meilleure.

Où le voir aujourd’hui

Disponible sur Disney+ et en Blu-ray. C’est un film bancal, visiblement recousu, et étonnamment touchant sur la fin — le genre d’objet imparfait qui vaut mieux que beaucoup de films mieux tenus.