Dumbo (2019)
2019 · 1 h 52
- Réalisation
- Tim Burton
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Confier Dumbo à Tim Burton était une idée séduisante : un cinéaste dont toute l’œuvre parle de créatures difformes rejetées par la normalité, sur un film qui parle exactement de ça.
Le résultat est le plus étrange des remakes, et le seul à mordre la main qui le nourrit.
Ce que le film change
Le film de 1941 dure soixante-quatre minutes, ne comporte aucun personnage humain important, et son héros ne parle pas. Impossible d’en tirer deux heures sans tout réécrire.
Burton invente donc une famille humaine — un père revenu de la Grande Guerre amputé d’un bras, deux enfants ayant perdu leur mère — et fait du cirque un lieu en faillite. Les animaux ne parlent plus du tout : Timothée la souris disparaît, la bande de corbeaux aussi, et avec elle la séquence la plus problématique de l’original.
La grande trouvaille arrive à mi-parcours : un magnat du divertissement rachète le petit cirque et emmène tout le monde dans son parc d’attractions, Dreamland. Un empire du rêve bâti sur le spectacle, dirigé par un homme charmant qui exploite ses employés et enferme ses animaux. Que Disney ait financé cette satire reste l’un des faits les plus savoureux de la série.
Ce qu’il faut savoir
- La parade des éléphants roses est conservée, transformée en numéro de bulles de savon — hommage habile à la séquence la plus abstraite du film de 1941.
- Michael Keaton et Danny DeVito se retrouvent trente ans après Batman : le défi, avec les rôles inversés : le méchant est joué par l’ancien héros.
- Le film a été un échec commercial relatif au regard de son budget, dans une année où Aladdin et Le Roi Lion dépassaient chacun le milliard.
- La fin diffère radicalement de celle de 1941, et va dans un sens que les défenseurs des animaux ont salué.
- « Mon tout petit » est reprise dans une version dépouillée, et reste le passage le plus émouvant du film — comme en 1941.
Où le voir aujourd’hui
Disponible sur Disney+ et en Blu-ray. Un film bancal, trop long, mais nettement plus personnel que la moyenne des remakes — et le seul dont on peut dire qu’il a quelque chose à reprocher au studio qui l’a produit.