La Petite Sirène (2023)

La Petite Sirène (2023)

2023 · 2 h 15

Réalisation
Rob Marshall
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L’annonce du casting, en 2019, a déclenché l’une des campagnes de harcèlement les plus documentées de l’histoire récente du studio : le choix de Halle Bailey, actrice et chanteuse afro-américaine, pour incarner Ariel a été attaqué pendant des mois sur les réseaux sociaux.

Les mêmes réseaux ont ensuite diffusé en boucle les vidéos de petites filles noires découvrant la bande-annonce et réalisant qu’une princesse leur ressemblait. C’est probablement la meilleure réponse qui pouvait être apportée.

Ce que le film change

Il corrige surtout un vieux reproche adressé à l’original de 1989 : Ariel renonçait à sa voix pour un homme rencontré une fois. Ici, le contrat d’Ursula s’accompagne d’un sortilège d’oubli — Ariel ne se souvient plus qu’elle doit obtenir un baiser, ce qui retire au récit son côté transactionnel.

Éric gagne également une vraie existence : il est adopté, il collectionne les objets venus d’ailleurs, et il étouffe dans son royaume exactement comme elle dans le sien. Le film en fait un miroir plutôt qu’un objectif.

Dans les coulisses

Alan Menken revient une fois de plus, associé cette fois à Lin-Manuel Miranda pour quatre nouvelles chansons. Le rap de Polochon et Eurêka a fait couler beaucoup d’encre, dans les deux sens.

Techniquement, tout le film repose sur un problème : filmer des acteurs censés évoluer sous l’eau. Halle Bailey a passé une partie du tournage suspendue à des câbles, en apnée partielle, devant des écrans, sa chevelure — plus de trente kilos de tresses — étant animée numériquement par-dessus.

Le résultat sous-marin a été jugé trop sombre par une partie du public, conséquence directe de l’exigence de réalisme : à cette profondeur, la lumière ne passe pas.

Ce qu’il faut savoir

  • Melissa McCarthy compose une Ursula qui assume ouvertement sa dette envers la drag queen Divine, inspiration du personnage de 1989.
  • Le film a bien marché aux États-Unis et nettement moins en Chine et en Corée du Sud, où les résultats ont été très inférieurs aux prévisions.
  • Javier Bardem joue Triton, et le film développe la mort de la mère d’Ariel comme cause de l’interdiction faite aux sirènes d’approcher la surface — reprenant une idée déjà présente dans Le secret de la Petite Sirène (2008).
  • « Partir là-bas » est chantée en une seule prise selon la production, choix revendiqué pour préserver l’émotion du plan.
  • La durée dépasse les deux heures, contre quatre-vingt-trois minutes pour l’original : c’est le grand travers des remakes du studio, qui étirent des récits conçus pour être serrés.

Où le voir aujourd’hui

Disponible sur Disney+ et en Blu-ray. Halle Bailey y est excellente et porte le film de bout en bout — c’est le point sur lequel à peu près tout le monde s’accorde, y compris ceux que le reste a laissés froids.