Grand Classique n° 116
Le Monde de Dory
2016 · 1 h 37
- Réalisation
- Andrew Stanton
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Andrew Stanton a expliqué être revenu à cet univers pour une raison précise : en revoyant Le Monde de Némo, il s’était inquiété pour Dory. Le film la laissait sur un récif, entourée de nouveaux amis, mais sans réponse à la question la plus évidente — d’où venait-elle, et qui la cherchait ?
L’histoire
Un an après les événements du premier film. Dory vit près de l’anémone de Marin et Némo, et perd toujours ses phrases en cours de route.
Un souvenir remonte, sans prévenir : elle avait des parents. Ils lui avaient appris à se présenter, patiemment, en prévision du jour où elle se perdrait.
Elle décide de partir les retrouver de l’autre côté du Pacifique, dans un institut de biologie marine californien dont elle ne se rappelle que le slogan — accompagnée d’un père de famille traumatisé qui vient tout juste de récupérer son fils et n’a aucune envie de retraverser un océan.
Dans les coulisses : Hank
La pieuvre Hank est, de l’aveu du studio, le personnage le plus difficile jamais animé chez Pixar. Un corps sans squelette, capable de changer de forme, de couleur et de texture, avec sept tentacules — le film le baptise « septopus », en expliquant qu’il en a perdu un — dont chacun compte des centaines de ventouses devant adhérer aux surfaces de manière crédible.
Un seul plan de Hank rampant sur un mur pouvait mobiliser un animateur pendant des semaines. Le studio a dû créer des outils spécifiques pour que les tentacules se déplacent sans s’interpénétrer.
Le second enjeu était le camouflage : Hank se fond dans son environnement, ce qui suppose de calculer en temps réel la texture qu’il imite. C’est un tour de force que le film utilise avec une discrétion remarquable.
Ce que seuls les fans savent
- Le film parle de handicap sans jamais employer le mot. Chaque personnage secondaire vit avec une limitation — un béluga dont l’écholocation ne fonctionne plus, un requin-baleine myope, un oiseau qui ne comprend qu’une consigne — et le film montre qu’ils s’organisent, se compensent et s’entraident.
- La scène la plus émouvante est celle des coquillages. Elle explique en quelques secondes ce que des parents peuvent faire pendant des années pour un enfant qui ne se souviendra peut-être pas d’eux.
- Sigourney Weaver joue son propre rôle : c’est sa voix qui sort des haut-parleurs de l’institut, et le film en fait une blague récurrente jusqu’à un plan final absurde.
- La fin a été modifiée après la sortie du documentaire Blackfish, consacré à la captivité des orques. Le studio a revu le sort réservé à ses animaux en institut pour éviter tout message ambigu sur les parcs marins.
- Le film a dépassé le milliard de dollars, devenant à l’époque le film d’animation le plus rentable de l’histoire aux États-Unis.
- La scène post-générique retrouve un groupe de personnages du premier film, exactement là où on les avait laissés — et la blague porte sur le temps qui s’est écoulé.
Où le voir aujourd’hui
Disponible sur Disney+ et en Blu-ray. Une suite honnête et généreuse, moins parfaite que Le Monde de Némo mais qui traite son sujet — vivre avec un handicap invisible — avec une délicatesse rare.