Dinosaure

Grand Classique n° 58

Dinosaure

2000 · 1 h 22

Réalisation
Ralph Zondag, Eric Leighton
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Le projet a mis treize ans à voir le jour, et son parti pris technique reste unique dans le catalogue : les décors sont réels. Pas peints, pas modélisés : filmés. L’équipe est partie tourner des paysages à Hawaï, au Venezuela, en Jordanie, en Australie et en Californie, puis y a incrusté des dinosaures et des lémuriens entièrement calculés par ordinateur.

Le résultat produit une sensation étrange, à mi-chemin du documentaire animalier et du film d’animation, qui n’a jamais été retentée depuis.

L’histoire

Un œuf d’iguanodon est arraché à son nid par un prédateur, transporté sur des centaines de kilomètres et lâché par accident sur une île peuplée de lémuriens. Le nouveau-né qui en sort est recueilli par la petite communauté, qui l’élève comme l’un des siens malgré sa taille croissante.

Des années plus tard, une pluie de météorites détruit l’île. Les survivants rejoignent un troupeau en marche vers une vallée où l’eau serait encore disponible, troupeau dirigé selon une règle simple : les faibles ralentissent, donc on abandonne les faibles.

Aladar, élevé par des animaux qui ne fonctionnaient pas ainsi, ne l’entend pas de cette oreille.

Dans les coulisses

Le film devait initialement être entièrement muet. Aucun dialogue, aucune voix : uniquement des cris d’animaux, de la musique et de l’image, dans une approche proche du documentaire. Cette version a été maquettée et abandonnée en cours de route, la direction estimant qu’un film de ce budget ne pouvait pas se passer de personnages qui parlent.

Les traces de ce projet initial restent visibles : la séquence d’ouverture, qui suit l’œuf sur plusieurs minutes sans un mot, est de loin le meilleur moment du film et fonctionne exactement comme le film entier aurait pu fonctionner.

Techniquement, l’intégration d’éléments de synthèse dans des plans réels supposait de reconstituer la lumière exacte de chaque prise de vue : position du soleil, réflexions, ombres portées sur un terrain irrégulier. C’était, en 2000, un travail considérable.

Ce que seuls les fans savent

  • Le film a coûté environ 127 millions de dollars, ce qui en faisait à sa sortie l’un des films d’animation les plus chers jamais produits.
  • La paléontologie du film est datée, et l’était déjà : les dinosaures n’ont pas de plumes, les espèces représentées n’ont pas coexisté, et la chronologie est très libre. Le studio a assumé un choix de spectacle plutôt que d’exactitude.
  • Le film a longtemps été absent des rétrospectives officielles du studio, qui hésitait à le classer parmi les Grands Classiques : il figure aujourd’hui dans la liste canonique.
  • James Newton Howard signe une partition d’inspiration chorale, avec des voix bulgares et africaines, très éloignée de l’orchestration Disney habituelle.
  • Kron, le chef du troupeau, est l’un des rares antagonistes Disney qui n’a pas tort sur le fond : sa méthode est brutale, mais elle a maintenu son troupeau en vie jusque-là. Le film ne le caricature jamais complètement.
  • Une attraction du parc Animal Kingdom à Orlando a été renommée pour accompagner la sortie du film, avant de retrouver son nom d’origine quelques années plus tard.

Où le voir aujourd’hui

Disponible sur Disney+ et en Blu-ray. Le film a vieilli de manière contrastée : les décors réels sont toujours magnifiques, les personnages de synthèse accusent leurs vingt-cinq ans, et le scénario reste convenu.

La séquence d’ouverture, elle, n’a pas pris une ride. Elle vaut à elle seule le visionnage.