Grand Classique n° 121

Ralph 2.0

2019 · 1 h 52

Réalisation
Rich Moore, Phil Johnston

La suite des Mondes de Ralph déplace l’action de la salle d’arcade vers Internet — sujet casse-gueule s’il en est, tant les représentations du réseau au cinéma vieillissent mal.

Le film s’en tire par un parti pris assumé : Internet y est une mégalopole, avec ses avenues commerçantes, ses quartiers louches, ses foules d’avatars et ses commerciaux qui vous sautent dessus dès que vous ralentissez.

L’histoire

Le volant de la borne Sugar Rush casse. La pièce de rechange existe encore, en vente sur un site d’enchères, mais coûte plus cher que ce que la salle rapporte — le propriétaire décide donc de débrancher le jeu.

Vanellope se retrouve sans monde. Ralph et elle branchent alors la salle sur Internet, avec l’idée d’acheter la pièce.

Ce qu’ils y trouvent règle le problème du volant en une demi-heure, et en crée un bien plus grave : Vanellope découvre un jeu de course en ligne, immense, imprévisible et dangereux, et comprend qu’elle ne veut plus retourner dans le sien.

Ce qu’il faut savoir

  • La scène des princesses Disney est le passage le plus commenté du film. Quatorze princesses réunies dans la même pièce, doublées pour la plupart par leurs interprètes d’origine, se moquant méthodiquement des conventions de leurs propres films. C’est le plus bel exercice d’autodérision jamais produit par le studio.
  • Le vrai sujet est l’amitié possessive. Ralph ne supporte pas l’idée que son amie veuille une autre vie, et le film transforme cette insécurité en menace littérale — l’un des antagonistes les plus inconfortables du catalogue, parce qu’il est le héros lui-même.
  • La fin refuse le retour à la normale. Les deux personnages ne finissent pas côte à côte, et le film assume cette séparation comme une bonne nouvelle. C’est rare et c’est courageux.
  • Stan Lee apparaît dans une foule d’avatars, et il s’agit de l’une de ses dernières apparitions, le film étant sorti peu avant sa mort.
  • Les scènes post-génériques sont au nombre de deux, dont l’une est une longue plaisanterie sur les bandes-annonces trompeuses.
  • Le film a rapporté plus de 500 millions de dollars et été nommé à l’Oscar du meilleur film d’animation.

Où le voir aujourd’hui

Disponible sur Disney+ et en Blu-ray. Moins inventif que le premier volet dans ses références, mais plus ambitieux dans ce qu’il raconte — et la séquence des princesses justifie à elle seule le visionnage.