Grand Classique n° 123
La Reine des Neiges 2
2019 · 1 h 43
- Réalisation
- Chris Buck, Jennifer Lee
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Suite du plus gros succès d’animation de la décennie, ce film est arrivé avec une pression considérable — et il a fait un choix inattendu : au lieu de refaire le premier, il raconte une histoire nettement plus sombre, sur ce que les générations précédentes ont fait et qu’on préfère taire.
L’histoire
Trois ans après. Arendelle va bien, Elsa règne, Anna est heureuse, et c’est précisément ce qui inquiète Elsa : rien de tout cela ne peut durer.
Une voix, que personne d’autre n’entend, l’appelle depuis le nord. Elle vient d’une forêt enchantée coupée du monde par un mur de brume depuis une génération — depuis le jour où un conflit a éclaté entre le royaume d’Arendelle et le peuple Northuldra qui y vivait.
Le grand-père d’Elsa et Anna commandait Arendelle ce jour-là. Ce que les sœurs vont découvrir sur lui constitue le vrai sujet du film.
Dans les coulisses : l’accord avec le peuple sami
Le premier film avait puisé dans la culture sami — le peuple autochtone du nord de la Scandinavie — sans consultation ni reconnaissance, ce qui avait suscité des critiques.
Pour la suite, Disney a fait quelque chose d’inédit : le studio a signé un accord formel avec les parlements samis de Norvège, de Suède et de Finlande, encadrant la manière dont la culture sami serait représentée. Un groupe d’experts a été constitué, avec un droit de regard réel sur le scénario, les costumes, la musique et les traditions montrées à l’écran.
Le peuple Northuldra du film s’inspire directement des Samis, et le film a été doublé en same du Nord — l’une des rares fois où une production hollywoodienne a été localisée dans une langue autochtone parlée par quelques dizaines de milliers de personnes.
Techniquement, le film repose sur les quatre éléments — vent, feu, eau, terre — devenus des esprits à part entière, ce qui a demandé un travail d’effets considérable, en particulier sur l’eau prenant forme de cheval.
Ce que seuls les fans savent
- Le sujet est explicitement celui de la réparation d’une faute coloniale. Le film pose la question de ce qu’on doit faire d’un héritage bâti sur une injustice, et sa réponse — sur le barrage — est nettement plus radicale que ce qu’on attend d’un film Disney.
- La bande originale a été enregistrée avec un chœur norvégien, et le motif vocal qui traverse le film reprend le kulning, technique d’appel du bétail des montagnes scandinaves, chantée à pleine voix.
- Le film a été le film d’animation le plus rentable de tous les temps à sa sortie, avec environ 1,45 milliard de dollars — record depuis dépassé par Vice-versa 2.
- Olaf récapitule le premier film en trente secondes, dans une séquence de mime pur qui est le meilleur passage comique des deux films.
- « Perdu dans les bois » est un pastiche de clip de power ballad des années 1980, assumé jusque dans la mise en scène.
Le doublage français : un changement très commenté
Anaïs Delva n’a pas repris le rôle d’Elsa. La voix chantée du personnage a changé pour ce second volet, ce qui a provoqué une réaction considérable chez le public français — pétitions, campagnes sur les réseaux, articles de presse. La comédienne, devenue indissociable du personnage après le succès de « Libérée, délivrée », s’est exprimée publiquement sur son absence.
C’est l’un des changements de distribution les plus discutés de l’histoire du doublage français, et il continue d’alimenter les débats entre fans.
Où le voir aujourd’hui
Disponible sur Disney+ et en Blu-ray, aux côtés du premier film. Un troisième volet a été annoncé par le studio.
Le documentaire Into the Unknown, disponible sur Disney+, suit la fabrication du film sur plusieurs mois et montre l’ampleur des réécritures menées jusqu’à quelques semaines de la sortie.