Grand Classique n° 107
Monstres academy
2013 · 1 h 44
- Réalisation
- Dan Scanlon
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Il y a une chose que Monstres Academy fait, et qu’aucun film pour enfants ne fait jamais : il explique à son public que travailler dur ne suffit pas toujours, que la volonté ne remplace pas le talent, et que certains rêves ne se réalisent pas.
Bob Razowski veut être effrayeur. Il travaille plus que tout le monde, connaît la théorie par cœur, s’entraîne sans relâche. Et il ne sera jamais effrayant, parce qu’il n’est pas effrayant. Le film refuse de le contredire.
L’histoire
Une sortie scolaire à Monstres & Cie, en primaire, décide de la vocation de Bob : il sera effrayeur. Des années plus tard, il entre à l’université de Monstropolis, dans la filière la plus sélective du campus.
Il y croise Jacques Sullivan, héritier d’une dynastie d’effrayeurs célèbres, qui n’a jamais eu besoin de travailler et ne compte pas commencer.
Une catastrophe commune leur vaut à tous deux d’être exclus du cursus. Leur seule chance de réintégration passe par les Jeux de la Peur, compétition inter-fraternités qu’ils devront disputer au sein de la confrérie la plus mal classée du campus.
Dans les coulisses
Le film est une préquelle, exercice rare chez Pixar, et il assume la contrainte : le spectateur sait déjà que les deux personnages finiront meilleurs amis et collègues. Toute la tension porte donc sur le comment.
Techniquement, Monstres Academy marque un tournant : c’est le premier film du studio à utiliser un nouveau moteur de rendu fondé sur l’illumination globale, qui calcule les rebonds de lumière entre les surfaces au lieu de les simuler à la main. Les éclairages y gagnent en réalisme, et tous les films Pixar suivants ont été produits avec cette technologie.
Le campus a été conçu comme un vrai campus américain (briques rouges, pelouses, bâtiments néo-gothiques) et l’équipe a visité plusieurs universités de la côte Est pour en capter l’atmosphère.
Ce que seuls les fans savent
- La fin du film est son geste le plus fort. Bob ne devient pas effrayeur ; les deux amis entrent chez Monstres & Cie par la salle du courrier et gravissent les échelons un par un. C’est la conclusion la moins spectaculaire et la plus honnête possible.
- Randy, le caméléon, apparaît ici comme un étudiant timide qui cherche désespérément à être populaire, ce qui éclaire rétrospectivement son personnage dans Monstres & Cie.
- La doyenne Hardscrabble, mille-pattes ailé glaçant, est doublée en version originale par Helen Mirren. Elle n’est jamais présentée comme une méchante : elle dit simplement la vérité, tôt et durement.
- Le film contient la seule scène de Pixar se déroulant dans le monde humain de la saga côté enfants, dans un camp de vacances, séquence qui renverse les rapports de force établis.
- Dan Scanlon a construit le film sur sa propre expérience : celle d’un étudiant moyen entouré de gens plus doués que lui, et de la découverte que sa place était ailleurs que là où il l’imaginait.
- C’est le premier film Pixar sans aucun personnage humain adulte et sans passage dans le monde réel pendant la quasi-totalité de sa durée.
Où le voir aujourd’hui
Disponible sur Disney+ et en Blu-ray. Souvent rangé parmi les Pixar mineurs, il contient pourtant l’une des morales les plus utiles jamais adressées à des enfants par un studio américain. Le court métrage Le Parapluie bleu, projeté avec lui, est une merveille.