Grand Classique n° 112

Les Nouveaux Héros

2015 · 1 h 42

Réalisation
Don Hall, Chris Williams
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Quand Disney a racheté Marvel en 2009, personne n’imaginait que le studio d’animation irait puiser dans ce catalogue — et surtout pas dans l’un de ses titres les plus obscurs. Big Hero 6 était une série confidentielle, connue de quelques milliers de lecteurs, dont Disney a gardé le titre, quelques prénoms, et à peu près rien d’autre.

Le film a remporté l’Oscar du meilleur film d’animation et lancé la carrière du personnage le plus improbable du catalogue : un robot infirmier en vinyle gonflable.

L’histoire

Hiro Hamada a quatorze ans, un diplôme du lycée déjà en poche, et occupe ses nuits à truquer des combats de robots clandestins. Son grand frère Tadashi, inquiet de le voir gâcher son intelligence, l’emmène visiter le laboratoire universitaire où il travaille.

Hiro y découvre un endroit où l’on invente pour de bon, et décide d’y entrer. Son projet d’admission — des microbots contrôlés par la pensée — lui ouvre les portes de l’école.

Le soir même, un incendie ravage le bâtiment. Ce qui suit est un film sur le deuil déguisé en film de super-héros, et c’est ce déguisement qui le rend efficace.

Dans les coulisses : Baymax vient d’un vrai laboratoire

Le personnage de Baymax n’est pas une invention graphique. L’équipe s’est rendue à l’université Carnegie Mellon, où des chercheurs travaillaient sur la robotique souple : des bras et des corps en matériau gonflable, conçus précisément pour pouvoir toucher un patient sans risque de le blesser.

Le design du film reprend cette logique jusqu’au bout : Baymax est rond parce qu’un robot destiné à s’occuper d’un être humain doit être rond, et sa démarche pataude découle directement de sa structure. C’est de la conception industrielle transposée en animation.

La ville, San Fransokyo, fusionne San Francisco et Tokyo : les collines et le pont sont californiens, les enseignes et les toits sont japonais, et le Golden Gate a été redessiné avec des portails torii. Le studio a modélisé environ 83 000 bâtiments, générés par un outil créé pour l’occasion afin de peupler la ville sans les dessiner un par un.

C’est aussi le premier film à utiliser Hyperion, le moteur de rendu développé en interne par Disney, capable de calculer les rebonds de lumière de manière physiquement réaliste. Toute la production du studio depuis repose sur cet outil.

Ce que seuls les fans savent

  • Le poing explosif — le geste que Baymax exécute en imitant maladroitement Hiro — a été improvisé en séance d’enregistrement et est devenu la signature du film.
  • Baymax ne peut pas se désactiver tant que son patient ne déclare pas être satisfait de ses soins. Cette contrainte de programmation, posée comme un gag au début, devient le ressort de la scène la plus déchirante du film.
  • Stan Lee apparaît, comme dans les films Marvel en prises de vues réelles — sa seule apparition dans un long métrage d’animation Disney.
  • Le film a reçu l’Oscar du meilleur film d’animation face à des concurrents redoutables, dont Le Chant de la mer et Le conte de la princesse Kaguya.
  • Le sujet réel est le deuil d’un frère, et la manière dont la vengeance se présente comme une solution acceptable. Le film prend le temps de démonter cette idée au lieu de la valider.
  • Une série télévisée a prolongé l’univers à partir de 2017, ainsi qu’une mini-série centrée sur Baymax en 2022.

Où le voir aujourd’hui

Disponible sur Disney+ et en Blu-ray. Le court métrage Le Festin, projeté avec le film en salles, a lui aussi remporté l’Oscar dans sa catégorie — six minutes racontées du point de vue d’un chien, sous la table.

Si vous avez aimé, la suite logique du catalogue est Zootopie, sorti l’année suivante et bâti sur une ambition comparable.