Grand Classique n° 82
Chicken Little
2005 · 1 h 21
- Réalisation
- Mark Dindal
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En 2004, les négociations entre Disney et Pixar ont échoué. Michael Eisner, alors patron de Disney, a fait savoir que son studio n’avait besoin de personne pour produire de l’animation par ordinateur, et a mis en chantier la démonstration.
Chicken Little est cette démonstration. Il a été fabriqué vite, sous pression, et avec un objectif qui n’était pas artistique. Cela s’entend.
L’histoire
Un an plus tôt, le jeune Chicken Little a déclenché une évacuation générale de la ville en annonçant que le ciel était en train de tomber. Il s’est avéré qu’il avait reçu un gland sur la tête.
Depuis, il est la risée de tous, son père ne sait plus comment lui parler, et il consacre son énergie à tenter de réparer sa réputation — d’abord par le baseball, discipline pour laquelle il n’est pas exactement bâti.
Le soir de son moment de gloire, un morceau de ciel lui tombe à nouveau dessus. Cette fois, il ne s’agit pas d’un gland.
Dans les coulisses
Le film est le premier long métrage entièrement en images de synthèse réalisé par Disney Animation — Dinosaure, cinq ans plus tôt, mélangeait personnages calculés et décors réels.
Le studio partait de très loin : ses équipes étaient formées au dessin, ses outils étaient conçus pour la 2D, et il fallait tout reconstruire pendant la production. Le film a d’ailleurs changé plusieurs fois de direction — le personnage principal devait initialement être une fille, avant que la direction ne demande un garçon.
C’est aussi le premier film projeté dans le format Disney Digital 3-D en relief, dans une centaine de salles américaines. Cette exploitation-là, au moins, a été un vrai succès et a préfiguré la vague 3D de la fin des années 2000.
Commercialement, le film a rapporté environ 314 millions de dollars — un résultat correct qui a permis à Eisner de crier victoire quelques mois. Critiquement, il a été éreinté. Quelques semaines plus tard, Eisner quittait la direction de Disney, et son successeur rachetait Pixar.
Ce que seuls les fans savent
- Mark Dindal avait réalisé Kuzco cinq ans plus tôt. On retrouve son goût du gag rapide et de la rupture de ton, sans la liberté qui faisait tout le prix du film précédent.
- Le film emprunte lourdement à la culture pop des années 2000 : reprises de chansons connues, références au cinéma de science-fiction, blagues d’actualité. C’est ce qui l’a le plus mal fait vieillir.
- Le personnage devait être une fille. Le changement a été imposé tardivement, après des mois de développement, et a demandé de repenser l’ensemble des relations du récit.
- Le conte d’origine est très ancien : c’est une fable folklorique européenne sur la panique collective, où le poulet finit généralement mangé par le renard qui a profité de la rumeur.
- Le film a été le premier Disney en 3D relief, quatre ans avant Avatar.
- Il est le seul film de l’ère moderne du studio à n’avoir eu ni suite, ni série, ni attraction — un cas de disparition assez radical.
Où le voir aujourd’hui
Disponible sur Disney+ et en Blu-ray. Il a valeur de document : c’est ce que Disney Animation produisait juste avant que l’arrivée des équipes de Pixar ne remette tout à plat, et le contraste avec Volt, trois ans plus tard, est saisissant.