Rebelle

Grand Classique n° 104

Rebelle

2012 · 1 h 33

Réalisation
Mark Andrews, Brenda Chapman
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Pendant dix-sept ans, Pixar n’a pas mis une seule femme au centre d’un de ses films. Rebelle est le treizième long métrage du studio, et le premier dont l’héroïne est une héroïne.

Il a été conçu et écrit par Brenda Chapman, première femme à réaliser un film Pixar, qui s’était inspirée de sa propre relation avec sa fille. Elle a été écartée de la réalisation en cours de production et remplacée par Mark Andrews. Elle en a parlé publiquement, sans détour, et cette éviction a nourri un long débat sur la place des réalisatrices dans l’animation américaine.

Le film a remporté l’Oscar. Brenda Chapman est montée sur scène le chercher : elle avait conservé son crédit de coréalisatrice.

L’histoire

Merida, fille aînée du roi Fergus et de la reine Elinor, préfère l’arc et le cheval aux leçons de maintien. Sa mère prépare depuis des années son mariage avec l’héritier de l’un des trois clans alliés, condition du maintien de la paix dans le royaume.

Le jour du tournoi organisé pour départager les prétendants, Merida trouve dans les règles une faille qui lui permet de concourir pour sa propre main, et humilie publiquement les trois clans.

La dispute qui suit avec sa mère la conduit chez une sculptrice sur bois qui pratique la magie en amateur, à qui elle demande un sortilège pour « changer sa mère ». Le sort fonctionne, et pas du tout comme prévu.

Dans les coulisses : les cheveux de Merida

La chevelure rousse et bouclée du personnage a nécessité le développement d’un simulateur entièrement nouveau. Une boucle ne se comporte pas comme un cheveu lisse : elle a une mémoire de forme, elle se déforme puis revient, elle s’emmêle avec ses voisines. Environ 1 500 mèches individuelles, chacune composée de plusieurs milliers de segments, devaient interagir en permanence.

Le travail a occupé une équipe pendant près de trois ans, et les outils développés à cette occasion ont ensuite servi à tous les films suivants du studio.

L’Écosse, elle, a été arpentée par l’équipe : les Highlands, les cercles de pierres levées, les châteaux en ruine. La partition de Patrick Doyle (compositeur écossais) mobilise cornemuse, harpe celtique et violon, sans jamais tomber dans le pastiche touristique.

Ce que seuls les fans savent

  • Le titre original devait être The Bear and the Bow, et le titre français Rebelle insiste sur un aspect du personnage que le film nuance beaucoup : l’entêtement de Merida y est présenté comme un problème autant que comme une qualité.
  • C’est le premier Pixar situé dans un passé historique et le premier à mobiliser un registre de conte traditionnel, plus proche des Grands Classiques Disney que de l’univers habituel du studio.
  • Merida a rejoint la galerie officielle des princesses Disney, et une refonte de son apparence pour l’occasion (taille affinée, chevelure disciplinée, arc retiré) a provoqué une telle levée de boucliers, Brenda Chapman en tête, que le studio a fait marche arrière.
  • Le film ne comporte aucune histoire d’amour. Le sujet est exclusivement la relation entre une mère et sa fille, ce qui, pour un film de studio américain à gros budget, restait exceptionnel en 2012.
  • Les trois petits frères de Merida ne prononcent pas un mot du film. Toute leur caractérisation passe par le gag visuel, dans la grande tradition des personnages muets du studio.
  • Le film a remporté l’Oscar du meilleur film d’animation face à Les Mondes de Ralph et à Frankenweenie, une année particulièrement disputée.

Où le voir aujourd’hui

Disponible sur Disney+ et en Blu-ray. Le court métrage La Luna, projeté avant le film en salles, figure en bonus et compte parmi les plus jolies choses jamais produites par le studio.